À propos de « De père en flic 2 »

Janine Flessas a recueilli les impressions des participants au sujet du film « De père en flic 2 », lors de la ciné-rencontre du 28 septembre 2017.

Voilà un bon film commercial, qui a rejoint un large public, mais qu’on pourrait dire « échevelé », car il aborde plusieurs thématiques intéressantes autour des problèmes de couples et du vieillissement, mais elles ne sont qu’effleurées. Le traitement reste donc plutôt superficiel. La peur de vieillir, qui affecte Jacques, le policier à la veille de prendre sa retraite, est aussi en filigrane et touche certainement beaucoup de québécois.

La relation entre Marc, son fils, et Alice, sa conjointe, tous deux faisant également partie de la police, est des plus intéressantes, car même s’ils mènent leur enquête en parallèle, ils s’engagent aussi dans la même thérapie de couple que les autres. Jacques, par contre, prenant la place du psychologue qui avait organisé ce séminaire et qui doit se retirer brusquement, joue son rôle sans préparation et se pose plus en dictateur qu’en thérapeute!

Le déroulement de cette thérapie est donc très contestable L’accent trop marqué sur les problématiques sexuelles donne cours à une certaine vulgarité et n’est sûrement pas représentatif de la démarche requise en thérapie, même si plusieurs scènes paraissent plausibles. On peut quand même y voir une certaine parodie de la psychothérapie, à moins que le but du réalisateur soit justement de dénoncer le fait que trop de personnes font confiance à des pseudo-psychologues dont la démarche risque de leur faire plus de mal que de bien.
On peut aussi y voir une dénonciation des techniques policières de confrontation des suspects, alors que Jacques, sous les yeux de ses collègues en formation, (qui l’en félicitent même), mène un interrogatoire alternant entre violence, menaces et consolation…..quelque peu dérangeant sur le plan éthique.

En ce qui concerne les couples eux-mêmes, qui affichent des comportements sexuels de tous ordres, il est intéressant de noter que ce film n’aurait jamais pu être réalisé il y a 30 ou 40 ans. Ceci prouve que la société québécoise s’est complètement transformée au cours de cette période, sans nul doute grâce aux productions télévisuelles de Jeannette Bertrand qui a abordé sans pudeur toutes sortes de problématiques, mettant particulièrement en scène les conflits entre l’âme et le corps…On pourrait certainement aussi évoquer les oeuvres de Michel Tremblay, qui demeurent encore jouées sur nos scènes.

Janine Flessas

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