A propos du film « Le journal d’un vieil homme »

Gilles Guérard rend compte des échanges qui ont eu lieu lors de la ciné-rencontre, le 15 octobre 2015, autour du film de Bernard Émond, « Le journal d’un vieil homme ».

journal d'un vieil hommeCe fut une rencontre d’honnêtes gens déjà attirés par le style du réalisateur Bernard Émond. Mais cette fois ces douze personnes étaient majoritairement déçues du visionnement, car la « banale histoire » qui avait inspiré le cinéaste ne donnait aucune réponse aux graves questions qui étaient soulevées. Bon, le groupe, dès le premier tour de table, semble manifester un consensus sur cette impression générale.

Nos réactions face à la mort sont tellement diverses — et tous les sentiments spontanés sont si complexes à démêler — que la « cause » à entendre semble ne mériter que le silence. Ce soir-là, dans la salle qui accueillait huit femmes et quatre hommes, une atmosphère chaude et douce favorisait effectivement nos échanges. Chacun en appelait à la sérénité et à une force d’âme pour vivre ce qui devra arriver dans l’ultime combat de fin de vie. De fait, une amertume transpirait du film et suscitait une certaine révolte intérieure. Qui peut vraiment se préparer à vivre ce qu’il ne s’attend pas à vivre? La mort subite vaut-elle mieux que celle qui traîne en longueur, languissante et intolérable?

Le groupe partage alors sur la vie et la mort comme les membres d’une famille unie par des liens intimes. Cela est rare. Un tel respect nous anime, une telle sensibilité au « sort » de l’autre, que notre fragilité commune coupe court à la tentation d’envenimer nos blessures personnelles.
Pourtant, l’expression particulière à tout un chacun porte une grave peine, une tristesse aussi, et parfois un cri inaudible qui arrête toute discussion. Le film nous fait marcher au bord d’un abîme. S’en prendre aux faiblesses du film, ou bien au réalisateur qui nous a déçus, n’ajouterait rien de pertinent au « manque » qui est ressenti. On se raconte les uns aux autres quelque chose qui touche à un profond « tabou » ou à l’essentiel qui n’est pas tout à fait le même essentiel de l’un à l’autre. Ouf! Comprenne qui peut comprendre.

Il reste que la beauté des images du film laisse une forte impression qui l’emporte sur le caractère sombre du sujet. Un baume sur une plaie…
Cette rencontre a été, somme toute, une rencontre émouvante de vérité.
Gilles Guérard
le 16 octobre 2015

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