À propos du film « Paul à Québec »

Gilles Guérard rend compte des échanges qui ont eu lieu lors de la ciné-rencontre, le 26 novembre 2015, autour du film « Paul à Québec », du réalisateur François Bouvier d’après la BD de Michel Rabagliati.

Paul à Québec 2Le groupe était constitué de 8 femmes et 6 hommes, ce 26 novembre 2015. Un cercle plus éloigné de la table permettait à tous de bien se voir. À cause de nouveaux membres, quelques consignes pour le partage ont été résumées. Dans un premier temps, les impressions sur le film étaient sommaires, allant vers un éloge de la grande famille unie. Le cancer du patriarche (Roland) avait été caché, puis annoncé sur le tard. Ce fait donnait un ton plus léger pour aborder le thème de la mort. En général, on avait aimé ce film.

Le second temps du partage approfondissait la situation à partir de l’histoire de Roland qui avait commencé avec un problème d’alcoolisme. On a compris que la pudeur à s’avouer « en fin de vie », ainsi que la fierté d’avoir surmonté cette épreuve, pouvait expliquer ce retard à faire face à l’épreuve et à parler des « vraies choses ». Même si la parole n’était pas encore libérée, cette famille vivait des relations chaleureuses. L’évolution des rapports entre les adultes bénéficiait de la spontanéité des enfants. Un climat de sérénité s’est installé progressivement quand on a finalement révélé le grave état de santé de Roland.

Nous avons noté que la relation privilégiée de Paul avec son beau-père Roland n’avait pas créé de préjudice aux autres membres, aux gendres entre autres. Le bédéiste avait un rôle rassembleur dans cette famille. D’ailleurs cet artiste contribua à donner au film, et le titre, et son style, et une bonne part de la scénarisation. Les autres personnages retinrent l’attention selon leurs rôles : la femme soumise, l’enfant espiègle, les gendres complices, les filles insouciantes, etc.

Le troisième temps mettait en lumière ce que chaque personne du groupe pouvait intégrer compte tenu de son expérience de vie personnelle. À ce stade, c’est la vie elle-même qui importe avant tout, et non la mort et les sentiments de désarroi qu’elle entraîne. Il y eut des échanges pour comparer ce film avec le précédent Le journal d’un vieil homme. Face à la mort les réactions divergent. Les croyances concernant la vie après la mort constituent des questions existentielles à débattre délicatement. Le traitement symbolique est subtil et il n’est pas toujours bien compris d’une personne à l’autre.

Que reste-t-il de cette soirée de partage? Je dirais : le désir de mieux favoriser des prises de parole fécondes quand l’occasion se présente. La caméra qui saisit le « centre de soins palliatifs » se dirigeait lentement vers le toit et en se rapprochant du ciel passe soudain à une autre séquence… Est-ce une façon de diriger nos regards dans une bonne direction?

Gilles Guérard
27 novembre 2015

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