Lisette Désormeau : Et la Vie triomphe….

Habituellement, je participe à une Montée Pascale avec un groupe de jeunes. Cette année, l’activité a été annulée. Un peu déçue, je me demandais comment retrouver le sens de la Semaine Sainte dans le quotidien de ma résidence pour personnes âgées. Il y avait bien un Chemin de Croix d’annoncé pour le jeudi mais j’avais déjà pris un autre engagement.

C’est d’abord dans le silence, la prière et la réflexion que j’ai voulu vivre cette semaine.

Mais, je l’avoue, ce fut difficile. En demeurant dans mon milieu de vie, je continuais à être sollicitée de part et d’autre. Je me dis alors: et si c’était cela cette année ‘’ma ‘’ Montée Pascale… une ouverture à celui qui demande.

Alors j’ai soupé avec cette résidente anglophone qui se sent isolée. Le lendemain, j’ai dîné avec cette autre qui a de graves problèmes de mémoire et qui se répète toujours. Le lendemain, l’infirmière sollicita mon oreille pour partager son expérience amoureuse.

Le jeudi soir, un repas particulier. Avec mes anciens collègues de travail, j’ai fêté le départ à la retraite d’une d’entre nous. Quelle merveilleuse occasion de faire un retour sur le passé et de dessiner des projets d’avenir!

Malgré tout cela, j’étais habitée par une certaine tristesse. L’isolement, la conscience de mes pertes m’habitaient. J’en étais là, quand je reçus deux courts vidéos. Le premier me présentait la naissance de ma petite-fille. Naissance difficile qui avait nécessité l’usage des forceps; le bébé était amorphe, manquait de tonus musculaire. Mon fils était inquiet et avait visiblement peur que sa fille soit marquée pour la vie par un handicap, comme je le fus à ma naissance. Puis, le deuxième vidéo nous présentait Magalie à trois mois. Pétillante de santé, elle riait aux éclats et son père visiblement rassuré et heureux la faisait sautiller.

Et oui, malgré les difficultés et les craintes, la Vie avait triomphé. N’est-ce pas là le sens de la Résurrection? La vie qui triomphe malgré les difficultés, les souffrances et le spectre de la mort. Le dimanche de Pâques quand je pris Magalie dans mes bras , je fus envahie d’une joie jusqu’alors inconnue. La Vie reprenait ses droits. Ce fut mon plus beau jour de Pâques!!

Lisette Désormeau
Avril 2011

 

Encouragez-nous et faites un don dès aujourd'hui !faire un don