Foi, spiritualité ou religion?

Se pourrait-il qu’il y ait différentes possibilités d’alimenter sa foi?

L’été dernier,  je participais aux « Assises de la Spiritualité » à Québec. Cela a été très enrichissant d’assister à ces diverses conférences et ateliers touchant des volets de la spiritualité à la fois différents et similaires.

Parmi tout ce riche contenu, un concept m’a particulièrement interpellé, soit un de ceux présentés par M. Daniel Fradette, conseiller à la vie spirituelle à l’Université Laval.

Voici, en mes propres mots,  ce que j’en ai retenu. M. Fradette présentait le lien entre la Foi, la Spiritualité et la Religion, comme trois entités reliées.

La foi représente ce que nous pouvons avoir de meilleur en nous ( en terme de bonté, amour, joie profonde, sérénité) et qui, dépendant du milieu dans lequel nous évoluons, peut être protégé par une épaisse armure. Par exemple si nous avons été abusés dans la vie ou peu aimés, Il peut n’y avoir qu’une petite brèche dans cette armure.

La spiritualité est ce qui permet d’élargir cette fente et de nous alimenter jusqu’à faire craquer et tomber l’armure et laisser se répandre le contenu.

La religion est cet ensemble de rites qu’une communauté se donne afin d’agrandir cette fente et de nous nourrir tous ensembles, les uns, les autres. Ces rites peuvent comprendre, à la fois, le cœur ou l’essence, les us et coutumes, structures, procédures et règles à suivre.

Cette approche me permet de mieux comprendre que, même si la pratique religieuse décroît dans de nombreux pays, il y a une quête de la spiritualité qui, elle, est toujours vibrante.

C’est reconnaître, à l’instar de l’œcuménisme,  qu’il peut y avoir place pour d’autres éléments pour faire grandir l’HUMAIN en nous et que, si pour certains il s’agit principalement de Dieu et de Jésus Christ, pour d’autres il pourrait fort bien en être différemment.

Nous pourrions aussi faire une comparaison en utilisant un modèle cher au monde des affaires, soit celui du «benchmarking »* où l’on compare , entre compagnies, différentes pratiques afin d’identifier la meilleure à adopter. C’est un peu le cheminement qu’une grande majorité de gens semblent emprunter de nos jours.

En même temps, chaque groupe religieux identifie sa pratique comme étant la « meilleure » puisqu’elle a démontré constamment, au fil des ans, des « résultats » impressionnant (p. ex : le nombre de personnes converties…). Dès lors il est normal de vouloir que tous y adhèrent. Il est cependant intéressant de penser qu’il  pourrait y avoir d’autres types de pratiques qui pourraient aussi apporter des résultats.

De même, une autre question que nous pourrions nous poser concerne ces rites qu’un groupe religieux adopte : se pourrait-il que ce soit surtout l’essence, (p. ex., pour la religion catholique, ce que nous pourrions associer à l’évangile : « Aimez-vous les uns, les autres » …), qui permette de nous nourrir et de grandir, et pas nécessairement  toutes les procédures, structures et règles établies tout autour… et qui, pour certains,  seraient plutôt limitantes et contribueraient plutôt à renforcer l’armure…(p. ex. : l’exclusion des divorcés, des gais, des femmes prenant la pilule…etc.)

La question est posée. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Fernande Turgeon
7 décembre 2011

* Du mot benchmark , qu’on peut traduire par repère.
Le benchmarking consiste à « trouver, au niveau mondial, l’entreprise ou les entreprises qui réalisent de la manière la plus performante un processus ou une tâche donnée, d’aller l’étudier ( « benchmarker » ces entreprises  ) et d’adapter ensuite ce processus à sa propre entreprise ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Benchmarking

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Un commentaire sur “Foi, spiritualité ou religion?”

  1. Denise Riel

    Fernande,
    J’ai moi-même, participé aux Assises de la spiritualité et j’ai trouvé la session fort intéressante, avec son objectif d’identifier les nouvelles avenues de la recherche spirituelle contemporaine.
    C’est dans cet esprit que nous souhaitons travailler à Chemins de vie. Comme toi, je pense que foi, spiritualité et religion sont liées et que la religion et ses rites sont au service de la spiritualité et de la foi.

    Les personnes qui viennent à Chemins de vie arrivent avec leur expérience unique.Comme tu le dis, certaines ont été blessées par la vie et se sont fabriqué une carapace pour se protéger. Dans l’accompagnement que nous offrons, nous voulons aider chaque personne à relire son expérience, à identifier ce qui a été positif et négatif et à reconstruire un sens à sa vie.Cela, dans un climat de liberté, car la croissance spirituelle ne peut se faire que dans la liberté et la responsabilité.

    C’est un fait que plusieurs gardent un souvenir négatif de leur expérience en Église. Placées dans un contexte de liberté, les personnes appprennent d’abord à mettre la spiritualité au coeur de leur cheminement. C’est une étape essentielle. Et ensuite, si leur cheminement les y conduit, elles peuvent aussi découvrir la joie de développer des relations confiantes dans une communauté fraternelle, avec ses rituels et ses codes qui ne sont pas vécus comme aliénants, mais comme vivifiants.

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