J’ai vu le film « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu? »

Film Qu'est-ce qu'on a fait

Gilles Guérard rend compte des échanges tenus lors de la ciné-rencontre du 23 octobre 2014. Ils portaient sur la très populaire comédie « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?» du réalisateur français Philippe de Chauveron.

La situation humoristique donne lieu à interprétation. Il est peu probable qu’une seule famille puisse vivre des mariages aussi disparates, mais le fait est que nous vivons de plus en plus des mariages mixtes.
Les races et les religions se mêlent par des attraits mutuels entre jeunes gens, l’attirance sexuelle jouant alors le rôle déclencheur. Ce qui se passe par la suite de ces alliances devient matière à réflexion à partir de la vie. Le sentiment d’être coincé, impliqué malgré soi, obligé de changer de points de vue, c’est ce départ qui force l’ouverture d’esprit.
Face au film, en autant que ce film est occasion de considérer notre vie avec le recul d’une projection extérieure à soi, le spectateur reste libre de s’adonner à imaginer son comportement. Les tensions ne sont pas réelles. On peut avouer franchement certains penchants incorrects…
Nous étions un groupe de 4 hommes et 8 femmes pour la première rencontre le 23 octobre 2014. Tous ont aimé le film. L’enchantement de cet humour avait gagné les cœurs, malgré le grave sujet des religions en conflit. Un seul membre du groupe gardait un sourire plein de réserves.
Il fallait explorer ensemble une marge délicate entre le risible et le ridicule, mais la situation portée à l’écran était trop construite pour ne pas accepter d’emblée la caricature sociale. Le rire fusait encore dans les mémoires. Nous avons envisagé plusieurs aspects qui rendaient les tensions acceptables, jusqu’au sommet de la comédie finale. Le climat familial et l’ambiance bourgeoise créaient les conditions relaxes pour passer par-dessus les gaffes et les rendre assez drôles. Un certain concours de complicités entre les femmes, d’une part, et entre les hommes, également, pouvait fusionner les deux générations inégalement impliquées dans cet invraisemblable carrousel des jeunes et des vieux. Les jeux pour maintenir une façade hilarante faisaient en sorte que les clichés et les stéréotypes religieux et raciaux s’amenuisaient de plus en plus. Rien de sérieux ne pouvait plus nous tracasser.
Nous avons été un groupe heureux dans cet échange convivial. Respectant les consignes pour ne pas empiéter les uns sur les autres, le partage des remarques et des impressions personnelles s’est déroulé en douceur.
Par chance, dans ce local de rencontre se trouvait une bibliothèque disponible. Opportunité d’emprunter un petit livre intéressant, plein de nuances graves et joyeuses : de Maurice Zundel, Hymne à la joie! Oui, c’est souvent un petit rien qui permet de rêver à un avenir pour les races, les religions, les préjugés tenaces, tout ce qui hante l’esprit et que l’évolution des mentalités fera habiter ensemble.

Gilles Guérard

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