Projet de charte des valeurs québecoises (2)

Deuxième échange d’idées autour de la « Charte des valeurs »
lors de l’activité « 5 à 7 Actualités » tenue à l’organisme Chemins de vie, le jeudi 7 novembre 2013, 17h à 19h15,

N.B. : Les opinions émises par les personnes participantes sont des opinions personnelles et n’engagent pas l’organisme.

Présences : 15 personnes. Douze d’entre elles étaient présentes à la première rencontre.Compte-rendu de la rencontre

Il se trouve que le projet de loi a été déposé le jour même à l’Assemblée nationale par le ministre Bernard Drainville, sous le numéro 60 et l’appellation « Charte de la laïcité ».  Cette deuxième rencontre répond au souhait de plusieurs participants qui désiraient poursuivre la réflexion entreprise.  L’animateur de la rencontre, M.  Jacques Morin, nous fait partiellement la lecture du projet de loi. Ce projet de loi devra obtenir l’assentiment de l’Assemblée nationale, ce qui n’est pas acquis dans un contexte de gouvernement minoritaire. Il nous invite à partager nos perceptions face à ce projet et à rapporter l’évolution de notre point de vue depuis la première rencontre.

Bien que sous sa forme actuelle, la Charte proposée ne rallie pas tous les participants, les opinions exprimées ce jour nous paraissent plus des réserves ou des inquiétudes qu’une réelle opposition à son adoption.

Même parmi les participants se réclamant de la religion musulmane, tous ne s’entendent pas sur l’intransigeance attribuée aux préceptes coraniques, que ce soit l’obligation du port du voile ou sur celle des 5 prières journalières, à intervalles fixes pendant la journée de travail. Il serait donc tout à fait possible de pratiquer la religion musulmane sans le port de « signes ostentatoires » ni la nécessité « d’accommodements » sous la forme d’horaires contraignants ou d’un lieu assigné pour la prière.

Pour ce qui est des réserves exprimées, elles portent toujours sur la pertinence de cette charte, qui paraît s’attaquer à un problème qui n’existe par réellement au Québec et ne justifierait donc pas une telle levée de boucliers. Si on constate qu’un certain nombre de musulmans et musulmanes ont du mal à s’intégrer, c’est que leur arrivée au Canada est relativement récente et le fait que plusieurs parlent notre langue n’enlève rien aux grandes différences culturelles auxquelles ils sont confrontés en arrivant au Québec. Comme pour tout immigré, cela prend souvent 2 à 3 générations pour harmoniser le mode de vie et adhérer aux « valeurs » du pays d’accueil.

Cet argument justifie certainement les réserves les plus marquées à l’encontre de la Charte, car, telle qu’elle est présentée, elle se veut un ultimatum à l’égard de ceux et celles qui devront s’y plier le moment venu dans un délai de un an à cinq ans. Toute intransigeance face à son application risque en effet de braquer une partie de la population touchée et d’encourager soit un changement de province, soit une rébellion, qui ne sont ni l’un ni l’autre favorables au développement d’une identité québécoise respectueuse et ouverte aux autres cultures.

Janine Flessas.

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