Une séparation, film iranien de 2011

Au programme de la ciné rencontre du 18 octobre dernier : « Une séparation », le film iranien d’Asghar Farhadi, sorti en 2011. Gilles Guérard résume les échanges qui ont eu lieu lors de cette soirée.

Nous étions dix personnes autour de la table, ce 18 octobre 2012, pour échanger nos points de vue sur ce film remarquable. Le défi fut relevé: que chacun donne son appréciation particulière.

L’histoire racontée contient des blancs que nous pouvions combler par notre compréhension globale. Que de passion à résoudre telle ou telle énigme! Le déroulement des faits est découpé en séquences qui offrent cet intérêt de réunir les parties en un tout significatif. Déjà sur cette tâche, un flot d’interventions succulentes…

Après ce jeu explicatif, le débat a tourné vers une réflexion sur le fond intense des relations humaines représentées à l’écran. Il est remarquable que ce qui se passe en Iran ressemble à nos quêtes juridiques et politiques au Québec actuel. Il y a toujours un « voile » sur nos réalités et nos perceptions de la vérité. Nous sommes touchés par les signes de compassion, de respect, de bonté, qui marquent les liens affectifs entre les protagonistes.

Un certain accord de sentiments nous rallie à cette fille de onze ans, Termeh, qui nous dévoile son âme assoiffée de vérité et prise dans le tourbillon des mensonges de part et d’autre. Cette figure centrale qui se dégage de la confusion des événements rejoint l’autre visage, celui du juge, pour lequel nous avons une affinité, au cœur du désir de justice. Termeh doit choisir entre son père et sa mère. Son choix devient aussi le nôtre. Et notre groupe ouvre les yeux, grâce à cette fille acculée à la désillusion des adultes, au moment d’être saisi d’une responsabilité presque impossible à assumer: devoir trancher!

On termine l’histoire comme on veut. Les uns sont convaincus qu’elle va se rallier à sa mère. Les autres demeurent perplexes, et préfèrent transférer la décision dans le contexte de notre vie de chaque jour. La vie réelle vaut mieux que le miroir du cinéma.

 

 

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